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Balsamine de l’Himalaya, biologie, impacts et réglementation

Originaire d’Asie Centre et orientale, la Balsamine de l’Himalaya a été importée en France aux alentours des années 1800. Son introduction dans des jardins botaniques européens a précédé son implantation, au cours du XXe siècle, en bordure de cours d’eau, ainsi que le développement de son caractère invasif depuis une cinquantaine d’années.

Impatiens glandulifera Rémi Dupré_CBNBP

Biologie:

Impatiens glandulifera est une plante herbacée pouvant atteindre 2 mètres de hauteur. Elle se caractérise par des feuilles opposées ou verticillées par trois, glabres, lancéolées et à bords très dentés. Des glandes sont visibles à la base du pétiole.
Sa tige, rougeâtre et creuse, présente des racines adventives.
Ses fleurs, regroupées en grappes lâches et odorantes, sont roses à pourpres, voire blanches, jamais jaune et comportent cinq pétales inégaux et un éperon fortement courbé

La dispersion autochore de ses graines, capables de germer en France, ainsi que la dissémination par multiplication végétative de tiges emportées par le courant, permettent à Impatiens glandulifera de se propager efficacement dans l’environnement.


Un plant peut produire environ 800 graines, qui se dispersent jusqu’à 6 mètres grâce à l’explosion des capsules à maturité.
Ces graines présentent une dormance estimée entre 2 et 3 ans, nécessitant une période de refroidissement d’environ 4 °C pendant au moins 45 jours pour lever leur dormance.

Écologie dans son aire d'introduction

Il s’agit d’une espèce pionnière, héliophile et hygrophile. En raison de ses exigences écologiques, la Balsamine de l’Himalaya colonise fréquemment des milieux perturbés ou remaniés, tels que les berges de cours d’eau.

On peut également la rencontrer en lisière de forêt ou en milieu urbain.

mpatiens glandulifera Rémi Dupré_CBNBP
Impatiens glandulifera Rémi Dupré_CBNBP

Impacts:

 la Balsamine de l’Himalaya peut accentuer l’érosion des berges en hiver, lorsque la plante disparaît et laisse le sol à nu. En crue, sa forte biomasse en bordure de cours d’eau gêne l’écoulement. Ses peuplements denses réduisent la diversité floristique, notamment chez les espèces de petite taille sensibles à l’ombrage. Très nectarifère, elle attire les pollinisateurs au détriment des plantes indigènes, affectant leur reproduction (Fried, 2012 ; Muller, 2004).

À l’international, l’espèce est inscrite sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union Européen, en application du règlement européen n°1143/2014

En France métropolitaine, l’espèce est présente sur l’annexe I-2 de Arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain interdisant sur tout le territoire métropolitain et en tout temps l’introduction sur le territoire, y compris le transit sous surveillance douanière, l’introduction dans le milieu naturel, la détention, le transport, le colportage, l’utilisation, l’échange, la mise en vente, la vente ou l’achat de spécimens vivants.

En région

Répartition de la Balsamine de l’Himalaya Impatiens glandulifera en région Centre-Val de Loire en 2025

Répartition en région Centre Val de Loire selon les données connu en aout 2025.

Vous pouvez également consulter la carte actualisée sur le site de LOBELIA

Le CBN du Bassin parisien, qui établit la liste hiérarchisée des plantes invasives de la région Centre-Val de Loire pour le compte du GTEEE, a réalisé une analyse de risque avec la méthode de l’OEPP (Organisation européenne et méditerranéenne de protection des plantes). Celle-ci a placé la Balsamine de l’Himalaya dans la catégorie « Liste des espèces invasives avérées », qui regroupe les espèces les plus invasives. Ces dernières combinent une capacité de dispersion élevée et des impacts importants, sans distinction entre les espèces largement répandues et les espèces émergentes.

Le classement de cette espèce dans cette liste repose, entre autres, sur le fait que cette espèce exotique peut se montrer dynamique en bord de cours d’eau et former des peuplements monospécifiques denses. Elle peut concurrencer des espèces indigènes spécifiques des zones humides (grèves exondées, mégaphorbiaies) et contribuer à réduire leur habitat.

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