Originaire d’Amérique du Nord, l’Hydrocotyle fausse-renoncule a été importée dans les années 1940. A plusieurs reprises, l’espèce a été introduite volontairement en France pour orner des bassins et des aquariums. De plus, elle a été parfois proposée comme plante oxygénante (CBN Brest, 2011).
Hydrocotyle fausse-renoncule | P. BARBOTIN Cen Centre-Val de Loire
Biologie.
L’Hydrocotyle fausse-renoncule est une plante amphibie vivace. Ses parties émergées peuvent atteindre 20 à 40 cm de haut.
Elle présente des feuilles réniformes échancrées, de 2 à 8 cm de diamètre. De plus, son pétiole mesure entre 5 et 35 cm. Cette échancrure, située jusqu’à l’insertion du pétiole, permet de la distinguer de l’Hydrocotyle commune ou Écuelle d’eau (Hydrocotyle vulgaris), naturellement présente en France.
Par ailleurs, la plante fleurit d’août à octobre. Elle produit alors des inflorescences composées de 5 à 10 petites fleurs blanchâtres, discrètes. Cependant, en Centre-Val de Loire, elle se reproduit uniquement de manière végétative, par fragmentation des stolons. En effet, la reproduction sexuée n’est pas attestée.
Enfin, l’Hydrocotyle présente une vitesse de colonisation très importante. Dans des conditions environnementales optimales, ses stolons peuvent croître jusqu’à 20 cm par jour (Kelly, 2006).
Écologie dans son aire d’introduction.
L’Hydrocotyle fausse-renoncule est une espèce amphibie appréciant les eaux stagnantes ou faiblement courantes. Elle colonise notamment les fossés, les mares, les canaux ainsi que les bordures de lacs et d’étangs.
Toutefois, la plante peut développer une accommodation terrestre. Dans cette situation, la gestion est plus complexe. En effet, l’espèce se mélange à la végétation rivulaire et ses stolons sont souterrains (Hussner & Meyer, 2009).
Hydrocotyle fausse-renoncule | P. BARBOTIN Cen Centre-Val de Loire
Impacts.
Dû à son développement rapide, l’Hydrocotyle fausse-renoncule recouvre rapidement la surface de l’eau. Elle entre en compétition avec les espèces indigènes. Progressivement, elle induit leur diminution, puis leur disparition, et forme des tapis de végétation monospécifique. Par conséquent, l’intensité lumineuse diminue et le taux d’oxygène baisse, ce qui peut provoquer des situations d’anoxie.
De plus, cette prolifération obstrue les canaux et les fossés. Elle augmente ainsi les risques d’inondations locales.
Enfin, elle représente aussi un risque pour le bétail. En effet, la visibilité des zones en eau diminue, ce qui peut entraîner des cas de noyade (Sarat & al., 2015).
Législation.
L’Hydrocotyle fausse-renoncule est inscrite sur la liste des Espèces Exotiques Envahissantes préoccupantes pour l’Union Européenne, en application du règlement européen n°1143/2014.
En France métropolitaine, l’espèce est présente sur l’annexe I-1 de l’Arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces végétales exotiques envahissantes. Il est interdit, sur tout le territoire métropolitain et en tout temps, l’introduction de l’espèce y compris le transit sous surveillance douanière, l’introduction dans le milieu naturel, la détention, le transport, le colportage, l’utilisation, l’échange, la mise en vente, la vente ou l’achat de spécimens vivants.
Situation en région.
Répartition et hiérarchisation.
D’après nos connaissances actuelles, deux stations d’Hydrocotyle fausse-renoncule ont été recensés sur le réseau hydrographique. L’une se situe dans le Loiret (45) et l’autre dans le Cher (18). De plus, un troisième site est connu depuis 2016 à Nancay (18), dans une mare déconnectée du réseau.
Dans la liste hiérarchisée des espèces végétales invasives élaborée par le CBN du Bassin parisien, l’Hydrocotyle fausse-renoncule est classée dans la catégorie « invasives avérées prioritaires » (Desmoulins & Emeriau, 2022).
Les espèces présentes dans cette catégorie combinent une capacité de dispersion élevée et des impacts importants.
Objectif régional.
Compte tenu de sa forte capacité de dispersion, il est important d’agir précocement sur une nouvelle population d’Hydrocotyle fausse-renoncule. Cette intervention rapide augmente les chances d’éradication.
En revanche, lorsque la colonisation est trop importante, il convient de prioriser les sites à enjeu. Par ailleurs, une communication auprès des communes concernées peut permettre de limiter la dispersion de l’espèce.
N’hésitez pas à nous contacter à gteee@cen-centrevaldeloire.org.
Bibliographie.
Desmoulins F. & Emeriau T. (2022) Liste des espèces végétales invasives de Centre-Val de Loire, version 3.2. Conservatoire Botanique national du Bassin parisien, délégation Centre-Val de Loire, 39p.
Dortel Fabien, Lacroix Pascal, Magnanon Sylvie (2011) Plan de lutte contre l’Hydrocotyle fausse-renoncule (Hydrocotyle ranunculoides L.f.) en Région Pays de la Loire. CBN Brest, 11p.
Hussner A. & Meyer C. (2009) The influence of water level on the growth and photosynthesis of Hydrocotyle ranunculoides L.fil.. Flora – Morphology, Distribution, Functional Ecology of Plants. 204. 755-761. 10.1016/j.flora.2008.10.005.
Kelly A. (2006) Removal of invasive floating pennywort Hydrocotyle ranunculoides from Gillingham Marshes, Suffolk, England. Conservation Evidence, 3, 52-53.
Sarat E. & al (2015) Les espèces exotiques envahissantes dans les milieux aquatiques : connaissances pratiques et expériences de gestion : V.2 Expériences de gestion. Onema, pp.252, Comprendre pour agir n°17, 979-10-91047-40-1.